
Faire dialoguer ses personnages est une très bonne façon de rendre son récit dynamique et de captiver l’attention du lecteur, mais beaucoup d’auteurs rencontrent des difficultés dans cet exercice. Dans l’article précédent, nous nous sommes penchés sur les règles typographiques du dialogue. Dans celui-ci, nous allons nous concentrer sur l’écriture du discours et lister des conseils permettant d’écrire de bons dialogues.
Les dialogues que vous écrivez sonnent faux ? Vous avez l’impression qu’ils n’apportent rien à votre récit et souhaitez les améliorer ? Suivez ces conseils !
1 L’écriture du discours
Une fois les règles typographiques du dialogue maîtrisées, il est temps de passer à l’écriture du discours. Pour ce faire, voici quelques points importants à avoir en tête. Gare à celui qui risquerait de passer pour un amateur en se lançant dans l’écriture sans une bonne préparation !
1.1 Connaître ses personnages
Avant même de commencer la rédaction, la première étape consiste à imaginer tout un monde narratif. Pour le discours, il faut également respecter certaines étapes et bien se préparer en amont. Ainsi, il est essentiel d’avoir une idée précise des personnages que l’on va faire parler.
Si l’inspiration vous manque, regardez autour de vous : inspirez-vous des personnes de votre entourage proche ou lointain, observez et écoutez les inconnus que vous croisez. Soyez attentif à la façon d’être et de parler de chacun, prenez en notes les expressions et tournures de phrases qu’ils utilisent, le type de vocabulaire, les tics de langage et le niveau de langue qu’ils emploient.
L’idée est de donner une voix singulière et propre à chacun de vos personnages. Vous devez les concevoir et leur donner vie comme s’ils étaient de réelles personnes. Toutes les informations que vous préciserez de manière subtile sont des éléments permettant à vos lecteurs de se représenter vos personnages, de créer une sorte de relation avec eux, et d’être plus facilement happés par votre récit.
1.2 Indices du discours
Plusieurs indices sont placés çà et là pour annoncer le discours dans un récit.
- Les indices d’énonciation : les voix que l’on entend sont indiquées grâce aux pronoms et aux marqueurs de personne des verbes. Les temps des verbes permettent également de communiquer des informations sur le moment où les paroles sont prononcées.
- Les indices de ponctuations : elles permettent d’insérer le dialogue dans un récit. Nous avons réalisé tout un article à ce sujet.
- Les indices de construction : les verbes de parole font partie du récit et servent à introduire le dialogue. Ils permettent aussi de repérer les différents interlocuteurs et précisent, selon le type de verbe, une situation particulière (déclaration, demande, réponse, ordre), l’organisation du dialogue (début, reprise, interruption, conclusion), des sentiments, l’intensité, une intonation particulière.
Le discours direct crée un effet de réel parce qu’il permet, contrairement au discours indirect, de reproduire certains éléments du langage tels que les hésitations, les défauts de prononciation, les accents, etc.
1.3 Fonctions du discours
Le dialogue a pour vocation de rendre un récit plus vivant, à condition de respecter les fonctions qu’il doit remplir. Il peut :
- Caractériser les personnages : nous renseigner sur la façon dont ils parlent, pensent, sur leur caractère et personnalité ;
- Faire avancer l’action : fournir des informations utiles aux lecteurs quant à l’avancée de l’intrigue.
Chaque phrase doit trouver son utilité, et éviter de polluer la narration globale. Veillez donc à l’équilibre du discours afin de parvenir à maintenir l’intérêt de vos lecteurs. Préférez un dialogue court et rythmé, tout en variant la longueur des répliques de vos personnages, à d’interminables tirades. N’hésitez pas à inclure des interruptions, des temps de silence, des pensées personnelles par le biais d’incises.
Ayez également à l’esprit qu’une bonne narration n’est pas celle qui montre mais celle qui raconte. Ainsi, plutôt que de dire les émotions de vos personnages, décrivez ses réactions : penchez vous davantage sur ses gestes, ses déplacements, ses expressions corporelles, ses sensations.
1.4 Relecture à voix haute
Un dernier conseil, et pas des moindres, est celui de la relecture à voix haute. C’est le moment de se prendre pour un comédien, de se mettre dans la peau de ses personnages et de prononcer leurs répliques.
En écoutant vos dialogues, vous pourrez percevoir quelles sont leurs forces et quelles sont leurs faiblesses. Vous parviendrez à cerner s’ils sont vraisemblables, s’ils ont la bonne longueur, s’il n’y a pas de répétitions, etc.
Afin d’améliorer votre plume, n’hésitez pas à consulter des ouvrages dédiés au sujet tels que celui d’Elmore Leonard, Mes dix règles d’écriture (2007), ou celui de Jean Guenot, Écrire. Guide pratique de l’écrivain (1998).
Une fois votre récit relu et vos dialogues retravaillés, envoyez nous votre manuscrit !
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