La rentrée littéraire : quésaco ? Zoom sur un concept prospère né au 20e siècle

En septembre, chaque Français l’a vécu pendant toute son enfance et son adolescence, il est temps de reprendre le chemin de l’école. La fin de l’été n’est pas seulement synonyme de retour en salles de classe, d’autres événements majeurs sont à l’honneur. Phénomène largement connu et répandu dans la sphère médiatique et culturelle, la rentrée littéraire est aussi une actualité de taille à l’approche de l’automne. Ces deux mots commencent à se répandre au cours de l’été et se déversent dans l’actualité à partir du mois d’août et ce jusqu’en novembre.

Mais alors, qu’est-ce que la rentrée littéraire et pourquoi a-t-elle lieu en septembre ? Comment cette notion est-elle née ? Quels sont ses enjeux ? Tant de questions auxquelles cet article s’efforce de répondre.

1       Une tradition française : définition et origines

La rentrée littéraire, c’est le temps fort de l’année dans le monde du livre. Éditeurs, auteurs, journalistes littéraires, libraires et bibliothécaires, tous se pressent pour être préparés au mieux à cet événement de grande ampleur. Il s’agit de la reprise des publications de livre : des centaines de livres, dont la parution est établie bien en avance, s’apprêtent à sortir de chez l’éditeur pour rejoindre les étagères des librairies et des bibliothèques et espérer finir entre les mains de lecteurs passionnés. Entre quatre cents et cinq cents ouvrages sont publiés en l’espace de quelques semaines seulement, ce qui fait de ces mois le temps majeur de l’année pour la sphère littéraire.

La rentrée littéraire n’est pas un phénomène mondial : si elle a également lieu en Belgique francophone, c’est un événement avant tout français, solidement ancré dans la culture du pays. La notion de rentrée remonte au XIXe siècle, alors que Stéphane Mallarmé, poète français considéré comme l’un des fondateurs du symbolisme, emploie l’expression de « rentrée théâtrale » pour désigner la rentrée culturelle qui se déroule en septembre. La notion de rentrée littéraire, quant à elle, est impossible à dater exactement.

Cependant, elle serait apparue dans les années trente et se serait développée dans les années cinquante. Bien que cette expression soit née quelques années après la création des premiers prix littéraires tels que le Goncourt en 1903, elle y est pourtant étroitement liée.

2       Temps fort de l’année : enjeux commerciaux et médiatiques

La plupart des grands prix littéraires, tels que le prix Goncourt, le prix Femina, le prix Médicis ou encore le prix Renaudot, sont décernés au cours du mois de novembre. Étant donné que l’attention médiatique se concentre essentiellement sur les nouvelles parutions de la rentrée littéraire, cela oriente également l’attention des jurys. De fait, lors de la rentrée littéraire, les éditeurs publient les livres qu’ils jugent aptes à être primés.

Cette ligne de mire n’est pas anodine : au-delà du prestige qu’offre une distinction littéraire à un auteur et à son œuvre, celle-ci constitue un sacré levier à la vente du livre en question. De plus, la mise en avant de tous les ouvrages concourant les met aussi largement en valeur et permet d’augmenter les ventes.

Un autre enjeu important se tient là : celui de l’effacement de certains titres. En effet, il est impossible de lire les centaines de livres publiés en l’espace de trois mois. Certains tombent donc immédiatement dans l’oubli. Sur environ cinq cents livres parus, seuls quelques dizaines retiennent réellement l’attention. C’est pourquoi les lecteurs ont toute leur importance dans cette rentrée littéraire : il leur appartient d’être curieux et de prendre l’initiative d’explorer de nouveaux titres, au-delà de ceux déjà surmédiatisés.

En somme, la rentrée littéraire est un événement important du monde du livre qui réunit tous les amoureux des mots. Période de forte parution, elle est l’occasion de découvrir de nouveaux auteurs et de nouveaux récits. Néanmoins, nul besoin d’attendre la rentrée pour trouver de nouvelles lectures !

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